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Coopératives : une solution d’avenir pour le BTP ?

En France, il existe un peu plus de 1.700 Scop, dont près d’un tiers dans le secteur du BTP. Ce statut coopératif, qui présente plusieurs singularités, notamment sur le plan juridique, semble convenir à ce domaine professionnel. Le point avec Pascal Cabaret, secrétaire général de la Fédération Ouest des SCOP du BTP, qui voit en ce mode de fonctionnement une solution d’avenir.

publié le 23/05/2007

"Un statut adapté au BTP"

Les Scop du BTP bénéficient des services apportés par un réseau présent sur tout le territoire et régi par la Fédération nationale des Scop du BTP (FNSCOP BTP). La fédération Ouest Scop BTP, installée à Rennes, se charge du conseil, de l’accompagnement et du suivi professionnel sur trois régions : la Bretagne, les Pays de la Loire et la Basse-Normandie.

L’Ouest compte près de 300 sociétés coopératives de production, dont 120 dans le domaine du BTP. Le bâtiment regroupe plus d’un tiers des Scop de l’ouest, une moyenne applicable à tout l’hexagone puisqu’il en existe 500 en France, ce qui représente environ 12.000 salariés.

Cette proportion trouve son explication dans l’histoire des métiers, selon Pascal Cabaret, secrétaire général de la fédération Ouest Scop BTP. "Les entreprises coopératives sont nées au 19ème siècle, en Angleterre, alors que des ouvriers n’étaient plus satisfaits de leurs conditions de travail et voulaient s’affranchir du salariat. Le but était de créer une entreprise à plusieurs et d’en être conjointement responsables. Or les ouvriers du BTP ont toujours eu l’habitude de travailler en équipe, tout comme ceux de la métallurgie et de l’imprimerie, domaines autour desquels se sont beaucoup développées les Scop", dit-il.

Et selon lui, on ne choisit pas ce statut par hasard, mais pour partager collectivement l’exercice d’un métier ainsi qu’un projet d’entreprise. "Il faut avoir une idée très précise de ce que souhaitent ses associés avant de se lancer dans l’aventure", assure Pascal Cabaret. Il insiste en outre sur la nécessité d’une réelle maturation du projet commun, condition sine qua non à la réussite d’une Scop. "Tous les employés y sont associés aux grandes décisions. Un homme égale une voix. Les grandes idées autour de la conception du travail doivent être partagées au départ !", prévient-il.

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Anarchie ou solution d’avenir ?

L’image véhiculée autour des Scop ne correspond pas toujours à la réalité, selon Pascal Cabaret, qui rappelle que le développement des Scop est lié à l’histoire sociale du pays. Il s’est globalisé en 1936 avec le Front populaire, après la seconde guerre mondiale ou encore dans les années 70 autour de la mouvance post-soixanthuitarde, "des dates qui correspondent à de grand mouvements sociaux".

Parmi les Scop célèbres, il cite la société Lip, fabriquant de montres, née d’un mouvement social important dans les années 70 et qui consistait à contester avec vigueur le système capitaliste. "Dans l’esprit de certains, les Scop sont des navires sans capitaine, symbole de l’auto gestion, où règne l’anarchie et où il est difficile de prendre des décisions", souligne-t-il.

Pascal Cabaret est confiant quant à l’avenir de ce type d’entreprises et pense qu’elles vont se développer, à l’heure où le fossé se creuse entre patrons et salariés : "Les gens n’ont pas leur mot à dire en ce qui concerne les décisions fondamentales au sein des entreprises classiques. De plus en plus de sociétés passent aux mains de grands groupes, ce qui n’arrange pas les choses".

Le secrétaire général met en avant la transparence des comptes dans les Scop, et la motivation que représente, pour un salarié, le pouvoir décisionnel combiné avec des gains financiers qui peuvent représenter, via les dividendes et la participation en fin d’exercice, "jusqu’à cinq mois de salaires".

Il admet néanmoins le risque que représente la démarche d’intégrer une Scop. "Mais quand on place de l’argent en bourse, cela peut fluctuer de la même façon. Dans une coopérative, l’avantage est qu’on a accès aux comptes et que l’on participe aux décisions qui sont prises !" Si la société s’écroule, les associés perdent leur capital de départ.

Et de rappeler que, dans la plupart des entreprises, les salariés ne sont pas obligés de devenir associés tout de suite. "Ils ont en moyenne un délai de trois ans pour soumettre une candidature au sociétariat". Le taux de sociétariat dans les coopératives de l’ouest atteint les 80%.

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